Depuis que j’ai pensé à cet article, j’ai eu pleins d’idées d’introductions. Mais maintenant que je suis face à mon écran, elles ont toutes disparu. Alors ce sera une tirade sans introduction.
Avant d’avoir Nina, je voulais avoir 4 enfants. Pourquoi 4 ? Pour faire deux paires. Je ne sais pas pourquoi, je pense que je ne me connaissais pas du tout. Ce qui est bien avec la maternité c’est qu’elle te permet de te connaître parfaitement. Tu découvres que tu aimes des choses que tu pensais détester et inversement.
Bon, moi, je sais par exemple que je n’ai jamais trop aimé garder des enfants, d’ailleurs on ne m’en a jamais confié. Ma sœur, ma cousine, faisaient du baby sitting ado, moi jamais. Je ne me sentais pas du tout à l’aise avec cette idée, moi mon truc c’est de trier des papiers !!!
Les petits bébés me mettent un peu mal à l’aise, je ne sais pas communiquer avec eux, c’est trop abstrait je pense. Un enfant qui te parle, quelle joie, quelle délivrance.
Bref, en fait si, j’ai trouvé une introduction !
Depuis que Nina a un an je pense, je suis quasiment persuadée que je ne n’aurais pas d’autre enfant. Parce que le désir ne vient pas et puis parce que c’est vraiment le luxe de n’en avoir qu’un.
On a la joie d’avoir un enfant, une petite personne avec qui partager notre vie, mais on n’a pas tous les soucis logistiques et nerveux qu’engendrent une portée de nains.
Je veux dire, tout est facile avec un seul enfant, il reste de la place dans la voiture, on n’a pas besoin de poussette double, un seul siège sur le vélo suffit, une seule chambre à ranger, bref tout est facile.
On me dira ce qu’on veut, les enfants ça se dispute, ça se chamaille, ça s’empêche de dormir, ça s’engraine dans les conneries. Nina le fait avec ses copines ou ses cousins, c’est très bien mais Dieu merci ce n’est pas le quotidien.
Une journée passée avec des enfants qui passent leur temps à se disputer un jouet me déprime au plus haut point ‘mais pourquoi elle se comporte comme ça ?’ ‘comment ça se fait que je passe mon temps à gronder ?’ ‘je suis tellement fatiguée de gueuler’ A U S E C O U R S ! Comment peut-on décemment avoir envie de s’infliger ça ?
Alors certes Nina a une personnalité très complexe, même nous ses parents nous avons du mal à la décoder parfois. Elle se met dans des états seconds pour des choses infimes, la pauvre, elle ne gère pas ses émotions. Mais comme nous n’avons qu’elle, nous pouvons prendre le temps de discuter après une crise, de câliner, de détourner en faisant des chatouilles.
Et quand tout va bien, mais quel bonheur ! Si le coucher dure une demie heure parce qu’elle fait la bagarre avec Papa, c’est pas grave. Si le coucher dure une demie heure parce qu’elle demande 3 fois de l’eau, c’est pas grave. Au moins on a pas un deuxième lardon qui attend son tour. Après elle, c’est nous.
Je chéris mes journées en tête à tête avec elle (qui me manquent cruellement depuis plus d’un mois), quelle joie de déjeuner en tête à tête avec elle en racontant des bêtises. J’aimerais mettre dans une bouteille le bonheur que me procure un gros câlin quand elle est un peu fatiguée, quand elle tête sa bouche en me caressant le bras. Parce que ça, c’est de la drogue.
Quand elle est calme, la maison est calme. Quand elle dort, nous pouvons nous occuper de nous. Quand elle est chez sa Mamie, nous pouvons penser à nous et dormir le matin.
J’ai été une enfant très angoissée mais une enfant n°3. Alors évidemment, on ne s’est pas penché sur mon cas, on m’a seriné ‘t’es chiante’ pendant toute ma vie. Et je ne vous raconte pas les difficultés que j’ai eu ‘socialement’ parlant. Me faire des copines, les garder, toussa … Même si ma mère m’écoutait beaucoup, je n’ai pas eu le sentiment d’être acceptée telle que j’étais. Mon père, fier de sa blague, me répète depuis 30 ans ‘on voulait 4 enfants mais après toi on a décidé d’arrêter’.
Moi si je m’arrête, ce n’est pas parce que Nina est dure à vivre, pas du tout, bien au contraire. Elle comble tous mes désirs de maternité, je n’ai pas besoin de plus.
Je ne ferai pas un autre enfant pour ne pas qu’elle soit seule, ce n’est pas une bonne raison, et de toute façon, elle n’est pas seule.
Je ne ferai pas un autre enfant parce que j’aime les bébés et que ça me manque, on ne fait pas un bébé, on fait un enfant.
Je ne ferai pas un autre enfant parce que j’ai envie d’être enceinte, oui c’est sympa d’être enceinte mais ce n’est pas une fin en soi …
Je ne ferai pas un autre enfant parce que la société me dit que je suis égoïste, que la société s’occupe des enfants mal-aimés, ça ira mieux.
Ma fille, ma Nina, est ma perfection d’enfant : belle, intelligente, futée, drôle et adorablement complexe. Je l’aime tellement que je ne vois pas comment je pourrais en aimer un autre.
Et pour revenir à un commentaire laissé sur mon article la dernière fois, moi aussi je suis contente de pouvoir partir avec ma fille en vacances sans avoir besoin de la refiler au club Mickey. Je m’apprête à la laisser une semaine pour la première fois chez ses grands-parents et j’ai les boules d’avance. Même si parfois elle est plus que pénible, je sais qu’elle va me manquer très vite.
Je dois être une vieille chose mais ça me fend le cœur de lire parfois sur des blogs ou autre ‘enfin on s’est débarrassé des gosses’.
Ben pourquoi t’en as fait plusieurs ?
