Catégorie La vie de YeahyeahGirl

Y’know she has 147,000 pairs of boots.

Je ne sais plus où j’ai lu l’autre jour une remarque sur la gravité des choses ou la futilité. Je ne me souviens plus mais ça m’a fait réfléchir.

La question du jour est donc : est-ce que la futilité doit absolument avoir une connotation négative ?

Le quotidien, pour la plupart d’entre nous, est fait de petites choses simples mises bout à bout. Certains s’en plaignent et aimeraient que leurs vies soient plus trépidantes. D’autres, comme moi, se roulent dedans comme un bon plaid en plein hiver.

Personnellement, la simplicité et le quotidien me rassurent. Comme la simplicité de mon quotidien finalement.

On entend souvent ‘y a plus grave dans la vie’, mais faut-il avoir des problèmes graves pour s’autoriser à être un peu moins bien au quotidien ? Je pense notamment à Emilie qui a 5 enfants et dont la machine à laver est tombée en panne. 

Alors oui, à l’échelle mondiale, ce n’est rien. Elle avait toujours un toit sur la tête et à manger dans son assiette  mais il n’empêche que pour un foyer de 7 personnes, cela peut être très très pénible. Il n’y a pas d’échelle des malheurs, on peut être malheureux ou affecté pour des choses plus ou moins importantes aux yeux des autres.

Tout comme il n’y a pas d’échelle des bonheurs. Je suis totalement pour les bonheurs simples, je peux devenir hystérique pour un vêtement que je trouve beau ou pour un concert d’un artiste que j’adore. 

Je peux être intensément heureuse d’étendre mes draps dehors tout comme pour le mariage d’une amie. Je ne comprends pas les gens qui atténuent tout en disant ‘oh ça va c’est que … (remplir avec de la négativité)‘. Pourquoi devrait-on avoir honte d’être heureux de peu ?

L’autre jour, j’ai enfin trouvé un appareil pour râper les carottes, c’était pas grand chose et pourtant ça m’a rendue très heureuse. Parce que j’adore les carottes râpées. 

Et tout ça ne m’empêche pas de me sentir concernée par le malheur d’untel ou untel. Même si je me désinforme au maximum, rapport à ma sensibilité de l’extrême. Mais ça c’est un autre sujet.

Je n’aime pas entendre ‘il y a plus grave dans la vie’ sur un petit ton méprisant, comme si on devait tous passer notre temps à pleurer pour les malheurs du monde.

Etre emmerdée parce qu’on a plus de lave linge ne nous empêche pas de déplorer les ennuis des autres. On peut être toutes ces personnes à la fois. Et on peut continuer à sourire au milieu de gens tristes, cela n’enlève rien à notre propre tristesse. Nous la vivons simplement différemment.

On est le 13 novembre, je n’ai même pas fait exprès. En 2015, j’ai choisi de ne plus jamais avoir peur. J’ai pleuré nos victimes, nos concitoyens, mais ça ne m’a pas empêché de rire encore, de pester parce que mon sol était crade, de me réjouir d’avoir trouvé un manteau à 15€.

Ce serait bien qu’on profite toutes et tous de la vie qui nous est offerte, sans juger celle des autres. Réjouissons nous d’un rien, autorisons-nous à pleurer pour des conneries, ça ne nous rendra pas moins humain, au contraire.

Voilà c’est tout.

Et pour illustrer parfaitement ma futilité assumée, une photo de mon pull trop mignon que maman m’a tricoté. Avec de la laine Babou à 10 balles les 12000 pelotes ahah !  SIMPLICITÉ !

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