Je te raconte mon hystérectomie

Si vous me suivez sur instagram, l’info a dû vous passer sous le nez à un moment donné. Depuis la naissance de Nina, mes règles n’ont fait que s’empirer d’années en années. De plus en plus de douleurs, de plus en plus d’hémorragies puis plus récemment, des douleurs insoutenables lors des ovulations.

Je viens d’avoir 39 ans, j’ai eu mes règles à 11 ans, cela fait donc un calvaire de 28 ans, qui s’empire au fil du temps. Mes règles, je les voyais comme un fardeau, ma croix, la contrepartie à la vie heureuse que je vis : en gros, le paiement.

Sauf que, j’avais atteint un point vraiment difficile à supporter : des cycles de plus en plus courts (environ 22 jours), des pertes très abondantes et des douleurs de moins en moins supportables. Je me disais que vraiment je souffrais pour RIEN, sachant que j’ai la conviction profonde que je ne veux pas d’autre enfant depuis bien longtemps.

J’ai erré médicalement parlant, comme beaucoup de femmes, je n’ai pas souvent eu l’impression d’être entendue à part par mon ostéopathe qui a toujours fait de son mieux pour amoindrir les douleurs.

En 2020, mon médecin généraliste m’a prescrit une première IRM qui a bien détecté de l’endométriose (sans grande surprise). Un gynécologue spécialisé m’a mise sous pilule car selon lui, c’était la seule alternative à la souffrance. J’ai tenu 20 jours, 20 jours à pleurer H24. Oui, la pilule me rend extrêmement dépressive, limite suicidaire. J’ai tout jeté et j’ai accepté de souffrir jusqu’à la ménopause.

Après le vaccin covid, mes douleurs ont pris une nouvelle tournure. J’ai expérimenté la douleur à 10 plusieurs fois et je ne souhaite ça à personne. Je ne suis pas du tout complotiste mais c’est un fait, ce vaccin a fortement aggravé mon cas.

J’ai refait une IRM fin 2022 : endométriose et adénomyose. Dans des proportions raisonnables d’après le corps médical mais je refuse toujours de prendre des hormones donc … 

Une nouvelle gynéco m’oriente vers un professeur spécialiste de l’endométriose et du cancer du col de l’utérus. Je vais le voir sans grand espoir et il me propose une hystérectomie, le plus simplement du monde. Il a bien écrit en gros sur mon dossier ‘refuse les hormones’. J’adore ce petit côté ‘ouuuh la mauvaise élève’ , ça me fait marrer. Il me demande d’y réfléchir et de revenir si je me décide.

Quelques jours de réflexion, quelques doutes et un mois plus tard, je suis de nouveau en face de lui pour programmer l’opération.

Ce sera le 16 mars, parce que le 16 mars c’est mon anniversaire et il se passe toujours des trucs bien merdiques autour de cette date, depuis des années. Je prends les devants, ce 16 mars, je programme ma libération.

Libération des règles, libération de la douleur, libération de la contraception aussi. 

J’ai été pas mal stressée dans les jours qui ont précédé, pas tellement par l’opération en elle-même que je voyais comme un cadeau, mais par le fait de ne pas être en mesure d’assurer mon ‘rôle’ : au travail et à la maison. 

Vous savez sûrement que je suis une folle du ménage et du rangement, et que je mets un point d’honneur à être une employée modèle au travail. Donc ne pas aller au travail et ne pas pouvoir gérer ma maison pendant 3 semaines, j’étais au top du stress. J’ai essayé de préparer au max avant, on est le 6 avril, la maison est de nouveau sous mes ordres. Je retourne au bureau mardi, un peu stressée que mes collègues m’en veuillent de leur avoir laissé mon boulot. On verra.

Elle était vraiment longue cette intro nan ? 

Jeudi 16 mars
Je suis convoquée à l’hôpital pour 7h, tout est super rôdé, j’attends peu, je vais vite au bloc, je me réveille très difficilement, je dors tout l’aprem dans ma chambre après une petite collation. Quand je me réveille, je vomis absolument tout mon petit goûter d’anniversaire, je pars de l’hôpital avec des sacs à vomi. J’en ai utilisé trois avant d’atteindre le parking puis, je n’ai plus vomi. (Ma mère m’a accompagnée et est revenue me chercher. Un accompagnant majeur et véhiculé est obligatoire, je précise).
L’anesthésie m’a toujours donné la nausée, elle ne me quitte pas pendant 2 semaines, H24. Je mange assez peu car tout me donne la nausée. Elle a fini par partir progressivement mais c’était long.

La sieste de 4h, la base

Je reviens à la maison, pas très fraîche. Le vendredi et le samedi je dors beaucoup. La première semaine d’arrêt, on ne doit RIEN faire. Juste marcher un peu pour évacuer les gazs de la coelioscopie. Les gazs des épaules partent au bout de trois jours mais le ventre reste pas mal gonflé pendant 5/6 jours je pense.

Mon ventre le 19 mars

J’ai été opérée par coelioscopie donc, avec assistance d’un robot. L’utérus et le col ont été retiré par le vagin. Il y a une suture au fond du vagin.

Les bleus du nombril m’ont fait mal mais pas très longtemps finalement.

Au niveau des pertes, ils te disent de prévoir des protections pour les premiers jours, j’ai mis des culottes menstruelles pendant quelques jours mais il n’y avait pas grand chose. Par contre, deux semaines après l’opération, j’ai commencé à avoir des pertes marron, parfois rouge clair. C’est un peu pénible parce que j’ai des sensations de règles sans avoir mes règles. Je sens mon bas ventre ‘lourd’ et sourdement douloureux. C’est une sensation assez étrange et elle me rend un peu sensible. Je pleure souvent à cause des ces douleurs sourdes et de ces gênes, ça me tape sur le système. 

J’ai eu mon SPM comme avant, vu que j’ai gardé mes ovaires. J’ai senti les jours de règles sans les avoir, c’était assez bizarre. J’avais comme des douleurs fantômes, comme si mes règles avaient laissé un fantôme. En fait je pense que c’était tout simplement que mes organes se remettaient en ordre à l’intérieur. C’est bizarre à décrire. Bref. J’ai eu ensuite mon ovulation, un peu douloureuse aussi. J’ai d’ailleurs une douleur assez intense au flanc gauche quand j’ovule, si quelqu’un a une piste sur ce truc, je veux bien. Cela fait déjà plusieurs mois que j’ai ça. J’ai prévu de demander au chirurgien mais en attendant, n’hésitez pas.

En en parlant sur insta, je me suis rendue compte que beaucoup de femmes ne savent pas vraiment ce qui se passe dans leur corps. J’ai gardé mes ovaires car je suis jeune et je compte le rester encore un peu. J’ai donc des cycles menstruels mais sans règles car qui dit plus d’utérus dit plus de saignements. Mes ovules ne peuvent plus être fécondés car le fond de mon vagin est suturé, ils se désintègrent dans mon ventre tranquillou. Je suis donc stérile (et très heureuse de cette autre charge mentale en moins).

Les ovaires permettent de continuer à avoir des hormones naturellement, jusqu’à la ménopause. J’avais fait des analyses avant l’opération, je n’étais pas du tout proche de la péri ménopause donc je suis contente de me dire que je n’ai pas fait cette opération pour 1 ou 2 ans. D’ici quelques années, les bouffées de chaleur seront mon alerte. Pour le moment, je compte bien KIFFER ma jeunesse et ma liberté.

La seule question à laquelle je ne peux pas répondre c’est ‘sur quoi tiennent les ovaires maintenant ?’. J’avoue que je ne sais pas, c’est dans ma liste de questions pour le chirurgien. Si quelqu’un sait d’ailleurs … 

Continuons sur l’opération, je vais vous parler du truc qui me cause le plus de douleurs et de gêne : l’intestin. 

Mon transit a repris le dimanche soir, j’ai eu TELLEMENT mal que je n’ai plus entendu pendant quelques minutes. J’ai transpiré, j’ai hurlé de douleur, vraiment le truc abominable. L’infirmière m’a expliqué que c’était la remise en place du péritoine et de l’intestin qui causait ces douleurs, j’ai donc repris spasfon et doliprane en continu. 

Cela fait exactement 3 semaines que j’ai été opérée et seulement depuis hier, mon intestin me provoque une douleur gérable. 

Mais sachez que j’ai énormément souffert des gazs et des selles, à tel point que j’avais encore plus la nausée dans ces moments là. C’est un symptôme que je n’ai lu nulle part et je trouvais ça important de vous en parler. Je suis désolée pour les personnes qui trouvent ça trop intime, on parle de mon appareil reproducteur depuis tout à l’heure je vous le rappelle … Plus intime c’est compliqué.

Autrement, la fatigue s’estompe au bout de deux bonnes semaines je pense, ne rien faire ça aide à ne pas être épuisé tu me diras.

J’ai pu repasser l’aspirateur le weekend dernier, ça m’a fait beaucoup de bien de reprendre ce dossier en main.

Depuis vendredi dernier, je fais une petite promenade quotidienne d’environ 20 minutes, je marche mieux et je suis de moins en moins fatiguée quand je reviens. J’espère vite retrouver mon allure de croisière.

Ce que je ne peux toujours pas faire, pour encore plusieurs semaines : soulever des charges lourdes, faire l’amour et me baigner. Alors faire l’amour dans l’océan je te laisse imaginer le délai (je ris).

Je vous ai fait une photo de mon ventre ce matin, trois semaines après l’opération.

Mon ventre le 6 avril

Ma mère m’a retiré mes fils ce weekend, ils étaient tous cassés. Sachez que mon ventre est comme ça depuis que j’ai eu Nina, ce n’est pas l’opération qui l’a abimé (à part les bleus et les points évidemment).

J’ai perdu 4 kilos et je vais essayer de rester comme ça.

Mon ventre n’est plus de tout gonflé

Les 10 premiers jours, j’ai eu quotidiennement des piqûres d’anti coagulants et j’ai eu 3 contrôles des plaquettes à domicile. RAS à ce niveau. Je suis malgré moi assez active donc je n’ai pas eu de problème.

Je pense que j’ai répondu à toutes vos interrogations, si vous en avez d’autres, allez-y !

J’ai écrit vraiment beaucoup plus que ce que je voulais, ça me change d’insta où y a jamais assez de place !

Je ne suis pas complètement remise, mais après je ne vous garantis pas d’avoir le temps de rédiger un article un jeudi à 15h. Je ferai un update après mon rendez-vous chez le chirurgien, et si tout va bien, quand tout sera réparé et que je pourrais kiffer la vibe avec mon mec.

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